La chasse au thon

Cet article est tiré du magazine ORCAZINE, en accord avec son auteur, bonne lecture !

Personne à bord ne regarde les dizaines de navires passant près de nous. Pas même les groupes de cigognes volant de l’Europe vers l'Afrique. Tous les yeux sont focalisés sur l'eau scintillante du Détroit de Gibraltar et tout le monde pense la même chose : "Est-ce que les orques viendront ?"

Écrit par Leonard BoekeeRemerciements Renaud de StephanisTraduit par Mathieu Ducret

FR : J’aimerais remercier tout particulièrement Leonard Boekee pour son autorisation à l’exploitation de cet article sur le site de l’orque et de m’avoir permis d’aider à sa traduction en Français. 

EN : I’d like to give special thanks to Leonard Boekee for his autorization of exploitation about this article on le site de l’orque and also for allowing me to help traducing it in French.

Les pêcheurs qui vivaient ici il y a des milliers d’années ont sans aucun doute beaucoup posé cette question. Car là où se trouvent les orques, se trouve aussi le thon ! Chaque printemps, le thon rouge migre à travers le détroit de Gibraltar vers la mer Méditerranée. Il retourne dans l’océan pendant les mois d’été. Les orques qui vivent autour de la péninsule Ibérique aiment ces poissons rapides et suivent les bancs jusqu’à ce qu’ils attrapent un thon épuisé. Les premiers pêcheurs ont compris quelles routes le thon empruntait et où ils devaient placer leurs filets en suivant les orques. Les orques ont contribué à la prospérité que la pêche au thon a apporté à l’Espagne ancienne. Mais les temps ont changé… En raison de la surpêche, le thon rouge à presque disparu. Et ce n’était pas beaucoup mieux avec les orques. Leur nourriture préférée a disparu alors que les nuisances dues à la navigation et à la pollution ont fortement augmenté. En 2005, la population d’orques Ibériques ne comptait que 30 animaux.

Crédits photo © José Rambaud

Elles sont là !

Beaucoup de gens sur le bateau de Turmares sont venus à la pointe sud de L’Europe en particulier pour ces orques en voie de disparition. Divers voyages sont organisés depuis Tarifa pour repérer les dauphins. Mais pour rencontrer le plus grand membre de la famille des dauphins, l’orque, il faut plus de chance. Peut-être nagent-elles à quelques centaines de kilomètres plus loin, près du Portugal. C’est alors que le cri rédempteur retenti t: “Elles sont là !” Au loin, les souffles apparaissent soudainement, suivis de nageoires dorsales d’un noir éclatant. Le skipper s’ajuste soigneusement, tandis que tout le monde essaie fiévreusement d’estimer où les animaux reviendront. Pffffouuu ! Un énorme mâle expire bruyamment, à une dizaine de mètres du bateau. Le guide à bord le reconnaît immédiatement par sa nageoire dorsale distinctive : “C’est Camacho”. Il est à la hauteur de sa réputation : “impressionnant”. C’est maintenant le pod entier qui se rapproche. Cependant, ils n’ont pas beaucoup d’intérêt envers les observateurs enthousiastes. Leur l’attention semble se porter sur les dizaines de bateaux de pêche qui flottent un peu plus loin. À juste titre !

Le butin de l'hameçon

Depuis 1995, les Espagnols et les Marocains pratiquent la pêche à la palangre pour le thon rouge. Ces pêcheurs n’attendent certainement pas l’arrivée des orques. Car lorsqu’un un thon est pêché et que les hommes font de leur mieux pour sortir leur butin, ces voleuses vêtues de noir et blanc s’en donnent à coeur joie sous l’eau. Elles prennent de grosses bouchées de ce poisson nutritif. Souvent, il ne reste que la tête ou un crochet vide. Malheureusement pour les pêcheurs mais c’est une question de survie pour les orques.

Crédits photo © CIRCE (conservación información y estudio sobre cetáceos)

Différence dans les techniques de chasse

Le biologiste Renaud de Stephanis, à suivi ces orques du sud de l’Espagne depuis plus de 15 ans. “Nous avons actuellement cinq pods connu. Il est difficile pour trois pods de se réunir entres-elles.” Les juvéniles ne survivent pas la première année. Les mères orques affamées utilisent leurs réserves de graisse ce qui engendre une production de toxines qui se retrouvent dans le sang et le lait maternel. “Les deux autres pods compensent le manque de thon en dérobant les lignes de pêche. Cette tactique nécessite moins d’énergie et produit souvent des thons plus gros.” Les recherches menées nous montre que ces orques sont en meilleure santé et élèvent plus de petits. De cette façon, la population a pu augmenter à nouveau à environ 50 animaux ces dernières années. Cette amélioration est donc largement due aux pêcheurs à la ligne.

Crédits photo © Juan Leis

Une meilleure protection

En 2017, des recherches ADN ont révélé que les orques Ibériques sont un population isolée. Elles n’ont aucun contact avec les orques qui vivent près des îles Canaries ou d’autres populations de l’Atlantique. C’est pourquoi ces orques sont extrêmement vulnérables. Cependant, Renaud est optimiste pour l’avenir. “Le gouvernement espagnol a décidé, en partie sur la base de nos recherches, de mieux protéger le thon rouge. Les quotas de pêche industrielle au thon sont en déclin. D’un autre côté, une pêche à la ligne plus durable permettrait d’en attraper un peu plus, en compensation des thons mangés par les orques directement sur les hameçons.” La prévision est que les pêcheurs se verront lever ces quotas si les orques peuvent attraper à nouveau suffisamment de thon par elles-mêmes. D’ici là, le détroit de Gibraltar est l’un des meilleurs endroits le monde pour voir ces mammifères marins en pleine nature. Car là où sont les pêcheurs, vous pouvez aussi trouver des orques !

Le site de l’orque vous présente le projet “Des orques en Méditerranée ?”

Nous lançons notre campagne de financement participatif afin de réaliser un mini-documentaire pour Youtube, au sujet de la population d’orques qui visitent le détroit de Gibraltar tous les étés.

Cette population d’orques est listée par la l’UICN comme étant en danger critique d’extinction. Les scientifiques estiment une disparition de cette population d’ici les 100 prochaines années.

Ces orques ont des taux de polluants toxiques similaires à celles qu’on trouve dans les eaux du Canada. Ce qui influe sur la survie des progénitures et donc de la prospérité de la population.

Vous faire connaître ces animaux et les enjeux qui sont liés à leur sort sont notre priorité.

Vous pouvez nous aider en participant avec ne serait-ce qu’un 1€. Merci à vous de nous soutenir !

Mammifères marins dans le Détroit de Gibraltar : Des globicéphales agressifs et des orques qui prennent la fuite

De nombreux mammifères marins vivent dans le détroit de Gibraltar. Cachalots et Rorquals Communs migrent à travers du détroit tandis que les orques sont à l’affût des thons. Mais il y a également des résidents permanents: grands dauphins, dauphins commun, dauphins bleu et blanc et globicéphales. Il y a quelque chose de spécial dans ces derniers. Ils vivent dans les parties centrales Est du détroit de Gibraltar et nagent quelques fois avec d’autres dauphins. Mais ils semblent détester les orques énormément.

En 2007, par exemple, certains observateurs ont pu voir environ 50 globicéphales se précipiter sur un groupe de cinq orques à toute vitesse. Les orques ont fui et après un moment, les globicéphales arrêté la poursuite. Ce comportement est régulièrement observé et les orques s’échappent toujours.

Dans d’autres parties du monde, comme en Norvège, les globicéphales réagissent ainsi aux orques. Les chercheurs ont joué des sons d’orque au travers d’hydrophone et ont observé comment les globicéphales se sont regroupés et ont approché la source du son. La compétition pour les terrains de chasse ou la nourriture ne sont pas probablement la réponse car les deux espèces ont un menu différent. Les orques mangent presque exclusivement du thon et les globicéphales principalement des calmars.

Les chercheurs soupçonne fortement que la cause de ce comportement doit provenir du passif entre orques et globicéphales. Les orques chassaient autrefois les mammifères marins de cette région.

En 1985, une orque a été repérée se régalant d’un dauphin de Cuvier. Ce type d’orque a probablement disparu ou changé son régime alimentaire différent car il n’y avait pas assez de nourriture laissé par la chasse intensive aux baleines dans cette zone.

Apparemment, la peur des orques est toujours ancrée dans les gènes des globicéphales. En approchant les orques d’une manière menaçante, ils montrent qu’ils ne peuvent pas

tolérer un danger potentiel le quartier. Et les orques s’assurent d’éviter leurs bruyants et agressifs cousins.

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